Les symptômes du myélome

Les principaux symptômes du myélome sont ceux des manifestations de l’acronyme CRAB (hyperCalcémie, atteinte Rénale, Anémie, Bone lesions), ainsi que ceux des infections, et des complications potentielles.

Les douleurs osseuses

Les douleurs osseuses concernent principalement le squelette axial (dos, côtes, sternum) et les racines des membres. Elles sont le reflet de lésions ostéolytiques et/ou de fractures. Présentes dans plus de 2/3 des cas, elles sont habituellement différentes des douleurs articulaires d’arthrose (plus permanentes, insomniantes). En cas de doute sur l’origine des douleurs, les examens d’imagerie tels scanner et IRM permettent de trancher.

Les douleurs osseuses du myélome


Illustrations par François LEMOEL - Ed' Innov Sante

L’hypercalcémie

L’hypercalcémie est liée à l’excès de résorption osseuse qui libère le calcium dans le sang. Les symptômes sont des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, une bouche sèche, une diurèse très abondante, des céphalées voire à l’extrême une confusion et des troubles du rythme cardiaque.

L’anémie

L’anémie du myélome résulte d’une baisse de la synthèse des globules rouges dans la moelle osseuse, en raison de l’infiltration par les plasmocytes mais aussi de l’inhibition des dernières étapes de l’érythropoïèse (via des ligands comme Fas-L ou TRAIL = TNF Related Apoptosis Inducing Ligand exprimés par les plasmocytes). L’anémie est responsable d’une pâleur cutanée et muqueuse, d’une fatigue, d’un essoufflement à l’effort.

L’atteinte rénale

L’atteinte rénale myélomateuse est liée essentiellement à l’hypercalcémie et à la précipitation dans les tubules des chaines légères d’immunoglobuline. Il n’y a pas de symptôme très évocateur d’une atteinte rénale non terminale. L’atteinte rénale est détectée à la prise de sang.

Les infections

Les infections, qui constituent la première cause de mortalité, sont dues principalement à un déficit de l’immunité humorale par manque de production des anticorps normaux (hypogammaglobulinémie) du fait d’un effondrement des clones plasmocytaires normaux (inhibition de la lymphopoïèse B notamment par sécrétion par les cellules tumorales de molécules comme MIP1-α).  
Le risque principal est la survenue d’infections à répétition ; il s’agit surtout d’infections bactériennes, à germes encapsulés, comme le pneumocoque, responsable d’atteintes ORL et broncho-pulmonaires. Les infections urinaires à répétition ne sont habituellement pas la conséquence de l’hypogammaglobulinémie du myélome.

Les complications neurologiques

L’atteinte osseuse vertébrale ou paravertébrale peut se compliquer d’une compression de la moelle épinière, en raison d’une fracture (= tassement) entraînant un recul du mur postérieur ou d’une tumeur (= plasmocytome) infiltrant la région épidurale. La compression médullaire entraine une douleur dorsale au niveau de la lésion, et une sensation de faiblesse (parésie) voire une paralysie des membres inférieurs.
Si l’atteinte se situe dans la portion la plus basse de la colonne vertébrale, la compression est radiculaire et se manifeste par des sciatalgies ou cruralgies, douloureuses +/- paralysantes.